Il y a cinq ans Jeremy Demester mettait le pied pour la première fois sur la terre rouge de Ouidah.

Après avoir rassemblé et étudié de nombreux mythes oraux de la communauté tzigane, il entreprend ce voyage vers le berceau du Vaudou afin de comprendre quels sont les liens de la puissance imaginative qui relient les sociétés Vodun et les peuples de voyageurs.

Son œuvre picturale s’attache à recomposer un langage de formes sensibles et simples dont on devine la substance profondément humaine et les gestes instinctifs à l’instar de ces représentations composites que sont les fétiches. Objet, image, animal, ou personne ; le fétiche est un vecteur de création par le procédé d’abstraction progressive de lui-même. Pour l’artiste : « la construction d’un fétiche n’est pas seulement la part des cultes endogènes du Bénin, elle est présente dans toutes les civilisations », et c’est pour lui « la clef de l’intégration et de l’intellection de l’invisible dans le visible en un même objet ».

« Gros-Câlin » est un ensemble d’une vingtaine d’œuvres qui emprunte son titre au roman de Romain Gary (Emile Ajar).

L’exposition assemble et ordonne les visions d’un peintre qui place son intuition au centre de son œuvre, considérant cette faculté comme une technologie mentale que l’homme moderne est à peine en train d’expérimenter.

Le musée de la fondation Zinsou est d’après Jeremy Demester une véritable hétérotopie,

« entre illusion et perfection, le temps y apparaît autre, c’est une île d’où toute réalité peu renaitre ».