Bienvenue au LAB, le nouvel espace de la Fondation Zinsou, dont la première exposition capsule « Dan Xomę » fait écho à l’actualité de la restitution en présentant les oeuvres de Cyprien Tokoudagba, artiste majeur du Bénin, qui a consacré sa vie à la transmission de l’histoire du Royaume du Dan Xome. Cette exposition explore les symboles de la royauté des Agassouvi, qui ont regné sur Abomey pendant plus de trois siècles. Il nous a semblé important, à l’heure du retour des trônes, des récades, des assens et autres oeuvres du trésor royal, de présenter les toiles de Cyprien qui rendent l’histoire accessible aux petits et aux grands et qui valorisent une mémoire souvent oubliée. Cette exposition capsule se veut donc contemporaine dans sa forme et patrimoniale dans son récit. 

 

L’histoire danxomenu a été écrite de très nombreuses manières (bas-reliefs des Palais Royaux, Kpanligans, Appliqués ainsi que les très nombreuses sources européennes publiées au cours des trois cents dernières années). Nous avons fait le choix de suivre l’artiste dans ses oeuvres et ses récits. Les textes qui accompagnent les oeuvres sont donc inspirés des nombreux entretiens que l’équipe de la fondation a mené au cours de la vie de Cyprien Tokoudagba. 

DAN XOMĘ // Cyprien Tokoudagba // LAB Fidjrossè
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DAN XOMĘ // Cyprien Tokoudagba // LAB Fidjrossè
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DAN XOMĘ // Cyprien Tokoudagba // LAB Fidjrossè
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Il peint. L’artiste passe et repasse le pinceau successivement sur la toile, sans jamais le tremper dans le pot de peinture noire, en équilibre sur le puits. Progressivement le personnage prend vie, les ombres apparaissent. Ces fameuses ombres, que Cyprien a cherchées si longtemps. 

 

Comment donner vie à ses personnages ? La solution, il l’a trouvée, seul, chez le photographe d’Abomey. Ses personnages, à lui, semblaient vivants. Pourquoi donc ? La lumière évidemment. Cyprien a étudié les clichés pendant des heures pour comprendre ces ombres qui rendaient la vie à des personnes figées. La technique aujourd’hui, lui seul la maîtrise dans son atelier où l’accompagnent ses enfants et ses femmes, à qui il a enseigné les rudiments de son art. 

 

Doué d’un talent qui s’est révélé très jeune, ses professeurs, ont soutenu le jeune vodounsi, adepte d’un Tohossou. Poussé à développer son art dans l’Abomey des années 60, il invente la couleur, d’abord inspiré par les pigments naturels, avant de se sentir restreint et de chercher ailleurs la liberté polychrome. Il la trouvera chez les quincailliers, entre un pot d’Astral et un autre de Lefranc Email Glycero. Les couleurs fortes et vives de ses toiles resteront l’une de ses signatures. 

 

Son culte du Dieu de l’eau l’autorise à décorer les couvents, avant que sa renommée soit telle qu’on le charge de restaurer les bas-reliefs ancestraux des palais royaux d’Abomey. 

 

Tokoudagba vit « l’Art comme une responsabilité donnée par Dieu qui lui a accordé ce talent », un talent sans frontières : dessin, peinture, sculpture… Il explore tous les domaines. Il trouve sa véritable vocation dans la transmission. Il met son oeuvre au service de la génération suivante, pour qu’elle n’oublie pas ses racines, ses ancêtres, son histoire. Ses oeuvres sont le fruit de recherches incessantes, dans les palais et couvents d’Abomey; chaque représentation de dieux ou de rois vient enrichir l’héritage qu’il conserve et souhaite léguer à la jeunesse de son pays.