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YEHWE VODOUN

par Sophie Douay

Ici naquît le Vodoun, religion monothéiste dont le Dieu créateur primordial est à la fois masculin et féminin, abolissant ainsi toute frontière de genres. Cette divinité originelle se nomme Mawu-Lissa, elle est communément représentée par la lune et le soleil. 

De Mawu-Lissa sont nées des divinités intermédiaires, qui relient l’être humain à la terre à travers Sakpata, à l’eau avec Tohossou, le feu avec Heviosso (maître de la foudre) et à l’air, au mouvement perpétuel, grâce à Dan, le python sacré. À ces puissances s’ajoutent d’autres vodouns majeurs : Gou, le dieu du fer; Legba, divinité protectrice et médiatrice; Aziza, esprit de la forêt; Mamiwata, déesse de la mer, parmi tant d’autres... 

Le Fâ, science divinatoire, sagesse et philosophie remarquable, constitue un pilier de la religion Vodoun au Bénin. Il interprète les signes du destin et guide les êtres humains, établissant ainsi un dialogue entre les hommes et les divinités, une harmonie entre le visible et l’invisible. 

Le Vodoun est, à son origine, le fruit de multiples croisements spirituels et culturels. Il puise ses fondements dans les traditions Yoruba, Fon, Ewe, Ashanti, issues de différentes aires géographiques correspondant aujourd’hui au Nigéria, Bénin, Togo, Ghana... 

Né sur le territoire du Bénin actuel, le Vodoun a très tôt dépassé les frontières de son berceau, traversant océans et continents, porté par l’Histoire et les échanges transatlantiques, tels que la traite négrière. Au contact des cultures qui l’ont accueilli, il s’est transformé, enrichi. Il rassemble aujourd’hui des millions de croyants à travers le monde. 

Le Vodoun s’adresse à l’individu dans ce qu’il a de plus intime et de plus singulier. Il inscrit chaque être dans une lignée, protégée et guidée par les ancêtres.


Car ici, « Les morts ne sont pas morts » : ils veillent, participent à l’équilibre du groupe et assurent la protection de la communauté. 

Ici, lorsque l’âme humaine quitte son enveloppe corporelle, elle s’élève pour protéger les vivants. 

Depuis des siècles, cette spiritualité se manifeste dans le quotidien, dans l’espace visible et vécu.
 

Elle se donne à voir à travers les Legbas placés devant les maisons, les danses des Egunguns (ancêtres revenus parmi les vivants), celles des Zangbetos (gardiens de la nuit), des Guèlèdès (célébrant le pouvoir des mères) ou encore dans les temples dédiés à chaque déité, ornés de peintures et de sculptures.
 

Autant de formes qui révèlent la beauté, la puissance et la richesse du Vodoun. 

YEHWE VODOUN est le titre de l’exposition présentée au Musée de la Fondation Zinsou de Ouidah. Elle réunit des oeuvres de quinze artistes d’origines diverses, explorant, par une pluralité de techniques, la spiritualité et celle du Vodoun en particulier. 

 

L’expression Yèhwé Vodoùn constitue, selon l’historien Gabin Djimassè, l’origine étymologique du mot Vodoun. En fongbé, yè désigne l’ombre ou l’esprit - xwé, le repli - vo, ce qui est à part, sacré, - et dùn ou don évoque le lointain...
 

C’est l’immatériel, l’esprit invisible : celui qui a vécu sur terre et s’est métamorphosé. Il est le Vodoun. 

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